
Joyau de l’estampe
japonaise
Art d’Asie, vente aux enchères du 16 juin 2026
La série de bois polychromes intitulée «100 aspects de la lune » de Tsukioka Yoshitoshi se découvre comme un héritage poétique de l’art de l’estampe japonaise. Réalisée durant les premières années de l’ère Meiji, à une époque où le Japon subit de profondes transformations, cette suite apparaît comme un regard rétrospectif et un hommage discret à la tradition. Yoshitoshi puise ses motifs dans l’histoire, la littérature et la mythologie, auxquels il ajoute une profondeur psychologique inédite. La lune y joue le rôle d’un compagnon silencieux, miroir des états intérieurs et élément commun entre les différents feuillets. Tantôt froide et lointaine, tantôt douce et apaisante, elle structure l’univers visuel et lui confère une atmosphère presque méditative.
Tsukioka
Yoshitoshi
55 feuillets de la série Tsuki no Hyakushi et autres estampes de la collection Kremer
À la fois, Yoshitoshi surprend par des cadrages audacieux, de subtils dégradés de couleurs et une dramaturgie d’une étonnante modernité. Ainsi, la série devient célèbre et représente bien plus qu’un simple exemple tardif de l’essor de l’ukiyo-e. Les 55 estampes de Yoshitoshi proposées dans notre vente d’art asiatique proviennent de la collection de Heinrich Kremer (1924–2020). Ce dernier a constitué, au fil des décennies, une collection remarquable, en toute discrétion et avec discipline. Conservées avec le plus grand soin, les œuvres sont restées confidentielle set à l’abri du marché de l’art, jusqu’à ce jour. Cette collection ne répond ni à un souhait de notoriété, ni à un esprit spéculatif, mais à une relation intime et approfondie avec chaque pièce, soigneusement sélectionnée.
Dans cette même vente figure un petit brûle-parfum en forme d’oiseau chanteur, issu des ateliers impériaux de Beijing. Par son naturalisme, sa polychromie et sa riche dorure, il incarne pleinement le goût du 18e siècle. Seront également présentés un Bodhisattva debout, admirablement taillé dans le style gréco-indien du Gandhara, ainsi qu’un très élégant cheval en terre cuite de la dynastie Tang à la délicate glaçure ambrée, provenant d’une collection zurichoise. La raffinée Tara blanche provient quant à elle d’un atelier du monastère de Tashilhunpo à Shigatse, siège du Panchen Lama.
Bodhisattva
debout
Gandhara, 2/3e s. H 92 cm
Estimation : CHF 20 000/30 000
Cheval
Chine, dynastie Tang, 618–907. H 50,5 cm
Estimation : CHF 15 000/25 000

